de Pablo Santiago Chiquero
La mise en place m’a semblée un tout petit peu longue pour un livre récent, surtout que le titre en dit déjà beaucoup. Mais une fois le berger sorti du lit pour lire Cervantès à ses chèvres et Marx à ses brebis, je me suis retrouvé complètement en terres inconnues, incapable de deviner la suite du récit, c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup. Et quand je pensais y arriver, l’auteur expédiait en deux phrases ce que je m’attendais à voir au centre de l’histoire pendant la seconde moité du roman.
Le style un peu vieilli, probablement pour coller à l’époque du récit, rend plutôt bien. La pauvreté agricole, en Espagne pendant l’entre deux guerres me semblent bien décrites et donnent un contexte intéressant. Sur certains points, le roman me rappelle le soleil des Scorta de Laurent Gaudé. L’auteur n’est pas forcément subtil dans son éloge de la lecture, c’est d’autant plus étonnant qu’assez vite dans le texte les métaphores de Garcilaso sont prises en exemple pour expliquer que le sous texte fait toute la saveur de la littérature. En terme d’édition, on peut regretter au moins une dizaine de coquilles, c’est dommage.